Champ géographique :

L’ancienne terre de Saint Claude qui correspond à l’actuel département du Jura et plus spécialement le Haut Plateau Jura avec la commune de Longchaumois et de Prémanon avec des incursions sur les communes avoisinantes.

Champ thématique :

Les noms multiples

Champ temporel:

Dès 1595 jusqu’au XXème siècle , à travers les sources disponibles, registres paroissiaux, rôle d'impôts, répartement du sel, montre d’armes, état civil, recensement, contrat de mariages, dispenses ....

Définition :

Depuis la fixation de l’état civil, le sens du « surnom » est celui d’un nom ou d’une expression pour désigner un individu en sus ou à la place des prénoms et patronymes officiels. Le terme de «sobriquet» tend à disparaître car sa connotation était péjorative et n’a souvent plus de sens de nos jours.

Le but de recenser les surmons personnels en même temps que les noms multiples repose sur le principe «non démontré» que les seconds et troisièmes termes de ces noms étaient d’anciens surnoms personnels ou familiaux et qui sont devenus héréditaires. Ainsi enquêter sur ces surnoms pourrait nous éclairer sur la problématique des noms multiples.

Le surnom utilisé en lieu et place de l’état civil :

                     fait référence à une caractéristique physique ou morale.

                     fait référence à un travers, une manie.

                    fait référence à un métier ou à un outil de ce métier.

est un diminutif faisant référence à l’état civil.

                    fait référence à l’habitat ou à l’origine d’un lieu dit.

Le surnom peut être ajouté au prénom avec la prépositon «à» ou «de»:

                   fait référence au prénom d’un parent.

                   fait référence au métier

                  fait référence à une particularité

                  fait référence à un domicile

les noms multiples découvert dans les sources à partir du XV ème siècle constituent une phase supplémentaire dans le processus de dénomination commencé quelques siècles plus tôt, quand le prénom (simple ou double ) était la règle pour désigner un individu. Les formations de noms triples ne sont pas rare mais ne concernent souvent qu’une personne ou une génération tel le patronyme triple sur Morbier : Bailly Maître Grand qui apparaît sur les registres dès 1650 et qui perdure de nos jours.

On explique cette succession par le nécessité de différencier les branches issues d’un même patronyme «souche» pour éviter les risques de confusion liés à l’homonymie dans le cadre du village ou de la paroisse. c’est le cas dans les secteurs montagneux colonisés depuis longtemps et où l’apport de familles nouvelles s’est fait tardivement vers la fin du XVIX ème siècle et où les prénoms étaient souvent les mêmes et liés au vocable de l’église (Etienne pour l’église saint Etienne de Septmoncel).

Il nous faut cartographier notre état des lieux et le comparer à celle du relief et la toponymie, du type d’habitat (dispersé), de la structure familiale (communier) et sociale (mainmorte), de la consanguinité (les dispenses) pour en tirer des enseignements vérifiés. La relation entre homonyme et fréquence des noms multiples est évidente mais elle n’est pas mathématique et surtout elle évolue au cours des siècles. Il y a même une absence de corrélation pour certains noms. D’autres facteurs comme la fixation progressive de l’état civil, la grande variété des prénoms à partir de sa laïcisation ou d’autres facteurs sont des éléments qui ont permis ces compositions.

Cas 1

Le nom multiple est une combinaison de 2 ou 3 patronymes accolés et aussi sous forme simple . Pour une même combinaison, l’emplacement des patronymes peut varié ou disparaître compliquant de ce fait la notion de «patronyme souche» et reperé dans les registres paroissiaux du début du XVI° siècle et avant la généralisation de l’état civil qui intervient selon les paroisses entre la fin du XVI° et le milieu du XVII° siècle.

l’utilisation du mot de liaison «alias et son abrégé als» dit, autre ou autrement dit, montre bien l’instabilité de la dénomination.

L’origine de ce nom ou ces noms supplémentaires est souvent incertaine parce que leur formation est antérieure aux sources et écrits que nous pouvons consulter. On a supposé que les noms doubles étaient formés en accolant le nom de l’épouse comme le permet la loi actuelle mais rien n’est moins certain. Un cas attesté est celui du type Girod Gindre Chaulvin, de la Mouille: ceci faisant référence à la pratique «d’aller faire gendre» dans sa belle famille.

On remarquera que le deuxième nom n’est presque jamais celui d’une autre famille. l’hypothèse est qu’il s’agissait d’une ancienne famille éteinte faute de descendance mâle. Mariée, l’héritière aurait transmis a ses enfants son patronyme et ceux ci l’auraient ajouté à celui de leur père, marquant ainsi le souvenir des aïeuls.

Critères a compléter

Le surnom utilisé en lieu et place de l’état civil et peut être ajouté au prénom avec la prépositon «à» ou «de»:

fait référence à une caractéristique physique ou morale.

                  Bondier l’ Ange, Bailly dit le Bo,

                  Bonnefoy au Rouge, Chavet-Noir, Couchet dit Beau, Beau l’oiseau

fait référence à une habitude ou à un tic .

 

fait référence à un métier ou à un outil de ce métier.

               Lamy-Chappuis,, Gauthier-Drapier, Morel-à-l’huissier

est un diminutif faisant référence à l’état civil.

              -

fait référence à l’habitat ou à l’origine d’un lieu dit.

                  Prost à la Tournière, Pierre Delacroix Riche , de la combe Richet

                  Arbez dit Vent

fait référence au prénom d’un parent

                 A Cyle Vuillet

                A Jean-Guillaume-Retord

               A la Denise

quelques exemples

                Thiévent Chevassu alias Clément

               Jean Chevassu Clément à l’Antoine

               Pierre Prost dit Damay

               Clauda Gaultier als Jacquet

               Jacque Baud alias Barathon

               Claude Grand Masson Odobez

               Claude Benoit Grand Guillaume

               Jean Benoit Gonin à la Mandrillonne

 

la difficulté principale concerne le suivi du nom d’un acte à l’autre. Un nom comme TORNIER dit à Gros Jacques va évoluer et les différents éléments du nom multiple vont se modifier ou disparaître parfois sur un temps très court. Un nom multiple peut n’ exister que le temps d’un acte. Souvent la disparition des registres ou la «pauvreté» de l’acte ne permettra pas une étude sur un temps assez long.

Il nous faut trouver une famille à nom multiple et ayant plusieurs branches, qui évolue sur une période de temps assez longue.

étude déjà faite et intéressante à lire :

Benoit-Guyot, généalogie transmise par Jean Louis Benoit-Guyot

Morel à l'Huissier étude réalisée par jean Morel à l'Huissier

Chevassu à l’Antoine document transmise par Me Mondon

Les Reverchon , étude faite par Linda Reverchon

Il serait interressant que nos amis généalogistes du G2HJ et d’autres associations, qui ont des noms multiples puissent agrémenter cette étude. Je sais que beaucoup l’ont déjà fait implicitement avec la construction de leur arbre mais sans peut-être faire cette enquête et étudier toutes les possibilités que l’on a recensé ici.

Remerciements:
A Mme Blanchet-Rossi qui m’ a «initié» à cette étude et dont j’ai amplement repris la trame et son article sur la revue AVSC n°35 2000 et avec son accord

Mr Perrin-Duc Tables des bourgeois de St Claude

les Amis du Vieux Saint Claude  AVSC

Sources:

La base de données du G2HJ, du CEGFC à partir des registres paroissiaux des communes du Haut Jura

l’état civil de ces mêmes communes

le Terrier de l’abbaye de St Claude

le manuel de prévôté de Lonchaumois

le procès de la Teppe