les Rousses

 

Le grand incendie des Rousses 1803

Le 9 février 1803 à 9heures du soir, un incendie éclatait dans la maison commune située près de l'église. Le feu, poussé par une bise violente, envahit bientôt les maisons voisines.

Il fut impossible de combattre le fléau.?Ce fut une nuit épouvantable. Une tempête de neige et un froid intense permettaient à peine aux femmes et aux enfants de s'enfuir Ce n'est que guidé par la lueur des flammes qu'ils arrivaient aux hameaux voisins. Quelques personnes moururent de froid, un grand nombre eurent les mains, les oreilles et les pieds gelés.

Sur les 19 maisons que comptait le village à cette époque, 14 furent brulés; la maison de Jean Alexis GINDRE, la maison commune, les maisons de Joseph Marie VANDELLE, Modeste MIDOL, François Raymond LACROIX, Jacque Alexis RADDAZ, Pierre Joseph LIZON, Jean Alexis MANDRILLON, Joseph Alexis MANDRILLON (actuellement maison de M. CARDINAL et chez GINDRE), Joseph Alexis CHAVIN à la GELON, Pierre Alexis BENOIT GUYOD dit Cher Ami, Jean Baptiste CLEMENT (actuellement maison Alphonse PONTHUS) veuve Marie Joseph LIZON.

Sept locataires furent également victimes de l'incendie: Jean Joseph PETITE instituteur, Antoine Joseph BONNEFOY à l'Anne, Jean Baptiste GRENIER charpentier dit le Général, Marie Rose BUFFARD, Gabrielle BONNEFOY dite la Grosse, Pierre Gabriel LIZON fils de Pierre Joseph et MICHAUD préposé des douanes. Les maisons préservées furent l'église, la cure, la maison de GIROD dit le Biroulet, contiguë à celle de Jean Alexis GINDRE, celles de Jean modeste et François Xavier CHEVASSU GAZALIER celle enfin de Jean Claude PAGET dit Pia ,aubergiste.

Le conseil municipal s'assemble le 12 février. Un comité fut chargé de recueillir et de distribuer les secours.?Une quête fut immédiatement organisée dans la commune. Elle produisit la somme de 544 livres (francs).?Des souscriptions furent ouvertes dans la plupart des communes du Jura.?L'arrondissement de St Claude (indépendamment de la commune des Rousses) fournit 1780 livres, l'arrondissement de Lons le Saunier 1308 livres, l' arrondissement de Poligny 718 livres, l'arrondissement de Dole 400 livres. St Cergues nous donna 10 mesure de mélé, 178 mesures d'orge, 49 mesures de Turquie, 6 mesures de fèves, 23 draps de lit, 23 cents de foin, 2 cents de paille, 212 plantes de sapin (indépendamment de celles de St Cergues, Trelex et Nyon) 60 douzaines de planches, 213 cents de tavaillons, 10 coiffes, 2 pelotons de fil, 6pelotons d'étoupe, 6 culottes, 7 gilets, 4 vestes,1 habit, 5 bonnets de coton, 131 chemises, 5 paires de bas, 3 jupes, 90 livres de fer ouvré.

Les archives communales, le livre d'arpentage, la matrice et les rôles de l'état civil de 1792 au jour de l'incendie furent brulés.L'état civil enregistré par les curés de la paroisse jusqu'en 1792 a été sauvé. (1) Modeste MIDOL qui était agent municipal aux années 1796,1797, 1798 a laissé une énumération des bois, décrets, arrêtés, registres manuscrits,baux, achats et ventes qu'il remettait à son successeur et qui ont disparu dans l'incendie.

Cette énumération fait regretter plus vivement encore la perte de documents, si précieux pour l'histoire locale à la fin du siècle dernier. Le double de l'état civil déposé à St Claude avait lui même disparu dans l'incendie de 1799, qui avait complètement détruit cette ville. De sorte que l'état civil de notre commune, pour les années 1792 à 1799 ne se trouvait nulle part.

La perte de l'état civil, des matrices cadastrales et du livre d'arpentage furent la source de nombreuses difficultés. Une adjudication eut lieu le 13 décembre 1807 pour la reconstruction de la maison commune. Les travaux furent commencés au printemps 1808, par Claude Marie PINARD, entrepreneur de Longchaumois.?La dépense se monta à 7654 francs.. Sur cette somme il fut retenu 400 francs pour retard sur les délais de livraison fixés par le marché. Ce n'est qu'à la fin de 1811 que la commune pût prendre possession de sa nouvelle mairie. Après l'incendie, les séances du conseil municipal se tinrent chez Jean Claude PAGET.

(1)- Les tables décennales ont été établies sur ces documents

De la lecture de ce document il en ressort que les registres de l'état civil du curé ont été épargnés, ce qui a permis d'établir les listes décennales. Or les registres de 1707 à 1737 ont disparus. Sont ils tout simplement dans le grenier de la Mairie des Rousses avec tous les archives, les plans cadastraux et autres trésors ?. Ou une main oublieuse les aurait-elle gardé chez elle ?. Cette période nous permettrait de finaliser les généalogies des rousselands et de résoudre quelques cas particuliers.

Merci à Mr Bailly Salins pour la communication du document original.

Alain C.Paget